En tant que chef.fe d'entreprise, vous êtes amené.e à exprimer et défendre votre opinion et vos décisions. Pourtant, ces dernières ne passent pas toujours auprès de votre équipe. Ca peut être agaçant, notamment quand le temps presse ou que la critique est systématique. Alors vous argumentez ou tranchez, pour ne pas perdre de temps ou la face et de montrer que vous gardez le contrôle. Pourtant, vous sentez bien que cela a un coût et qu'à chaque fois vous émiettez la relation de confiance que vous avez mis tant d'effort  à construire.

Dans cet article, voyons pourquoi ce n'est probablement pas la meilleure attitude et comment, au contraire, profiter des avis contraires pour améliorer la performance de votre entreprise ainsi que d'un management plus enrichissant.

Avoir raison à tout prix? Oui, mais quel est le prix exactement?

Si vous êtes comme moi, vous avez sûrement connu cette situation où vous avez tenu à défendre votre point de vue jusqu’au bout! Peut-être en face d’un proche qui vous fait sortir de vos gonds avec ses avis à deux balles. Ou alors devant un collaborateur qui systématiquement commence ses phrases par "oui, mais...".

Personnellement, autrefois, cela m’arrivait souvent (et cela m'arrive encore :)). Notamment en réunion, où je défendais avec ferveur mon point de vue, persuadée de mieux comprendre la situation et de savoir ce qu’il fallait faire! "Les autres ne voient pas ce que je vois et nous allons droit dans le mur!" En tout cas, c'est ce que je croyais. Pas les autres! Eux n'étaient pas du tout convaincus par ma solution, et me trouvaient bien sûre de moi voire bornée! Les réunions, alors, s'éternisaient, les esprits s’échauffaient, et la volonté de coopérer pour avancer s’amenuisait au fur et à mesure que chacun défendait sa position.

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Un jour, un collègue m’a dit en aparté: “tu sais, tu as sûrement raison. Mais ce n'est pas le plus important. Car avoir raison seule contre tous ne mène qu'à des déconvenues. Mieux vaut une "moins" bonne solution mais qu'elle soit comprise et acceptée par tous."

Ca m’a fait beaucoup réfléchir à mon attitude, pas simplement dans le travail mais également dans le cercle de mes proches. Avoir raison à tout prix? Mais justement, quel prix avait mon attitude? J’ai commencé à noter l’agacement de mon ado quand je lui expliquais que j’avais une meilleure solution, l’agacement que j’avais également de ne pas réussir à le convaincre. J’ai compris que cela le décourageait de venir me voir la prochaine fois qu'il en ressentirait le besoin. De l’agacement de part et d’autre, du découragement, une certaine défiance, un sentiment d’avoir perdu son temps aussi, un sentiment coupable de ne pas avoir été à la hauteur, de ne pas avoir su écouter, voilà le coût élevé que j'observais de mon attitude.

Avoir raison, c'est perdre l'occasion de voir avec raison

C’est déjà un coût assez élevé: défiance, culpabilité, perte de temps… A ceux-ci s'en rajoute un autre, également très dommageable dans un monde complexe et incertain: le gâchis d’une opportunité! L’opportunité d’enrichir ma vision par celle de mon collaborateur, de mon proche, de mon adolescent. Une opportunité en or de faire évoluer ma position et de trouver une meilleure solution. Les nouvelles informations auxquelles je m'ouvre sont cruciales dans un monde qui évolue si vite, et où ma connaissance, aussi importante soit elle, est insuffisante pour tout appréhender et tout comprendre. En tant que cheffe d’entreprise, si je veux pouvoir capter les signaux faibles, je dois me mettre à l’écoute du monde, vraiment à l’écoute! Je dois rester ouverte à d'autres façons de voir. Lâcher le besoin d'avoir raison, pour gagner la possibilité de voir avec raison!

Prendre conscience que votre interlocuteur, quel qu'il soit, au lieu d'être importun est opportun.

Alors comment faire pour être sûre de rester à l'écoute et d'être ouverte à de nouvelles idées? La clé, c’est de prendre conscience que votre interlocuteur au lieu d’être importun est opportun. En fait, en venant vous voir, en entamant la discussion, en vous faisant confiance et en vous confiant ses pensées au risque que vous les dégommiez, votre interlocuteur vous fait un énorme cadeau! Et quand on vous fait un cadeau, vous répondez par “merci”, pas par “il est nul ton cadeau”, et ce, même si on ne l’aime pas au premier abord! Et bien là, c’est la même chose: votre interlocuteur vous fait un cadeau, et la meilleure réponse est la gratitude et non l’agacement.

5 étapes pour profiter au maximum d'un avis contraire

Une fois qu’on a dit ça, comment passe-t-on à la pratique? Car, si vous êtes comme moi, lorsque quelqu'un remet en question une opinion que vous avez pris le temps de consolider, votre première réaction, ce n'est sûrement pas de le prendre dans vos bras et de lui dire qu'il.elle est génial.e?!

C'est pourquoi je vous propose 5 étapes pour ne plus tomber dans le panneau de la condescendance ou de la défense de votre point de vue à tout prix, et enfin de développer des discussions confiantes et riches.

On récapitule? Au lieu de réagir et partir dans une bataille de point de vue, reconnaissez qu’on vous fait un énorme cadeau, invitez à en dire plus, écoutez vraiment de la manière la plus neutre possible, ouvrez votre esprit pour découvrir les pépites et remerciez-le pendant et après! I

Avec le temps, vous serez de plus en plus conscient.e des moments déclencheurs et adopterez cette démarche naturellement. La clé, c'est de savoir persévérer avec bienveillance, car le changement, c'est peut-être maintenant, mais ça prend du temps! l y des trésors inexploités dans ces conversations, à commencer par des relations de confiance, comme nulles autre pareilles.

J’espère que cet article vous aidera à enrichir vos solutions, vos relations et votre management. S'il vous a plu, n'hésitez pas à le partager et partagez vos trucs et astuces en laissant un commentaire. 

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