Le management n’est pas un long fleuve tranquille. Il faut l’avouer, il y a des matins où vous n’avez pas envie de sortir de votre lit. Retrouver les conflits entre collègues, reprendre Guillaume qui n’est pas concerné par son travail, informer le client que sa commande n’est pas prête, écouter Sylvie se plaindre de ses horaires… bref, vous aussi vous en avez assez.

Alors comment retrouver l’entrain de ces matins, où l’on ressent que le monde nous appartient ? Voilà 3 conseils pour y arriver (et je parie que les deux premiers ne vont pas vous plaire, mais ils sont indispensables à la réussite).

Arrêtez de vous plaindre !

Vous n’êtes pas du genre à vous plaindre, me direz-vous ! Moi non plus : j’accueille la première tuile avec bienveillance, à défaut de sourire, car une tuile ça fait quand même mal ! Mais voilà qu’en arrive une seconde, et là, je commence à me dire que ce n’est pas ma journée ! Michel me demande « comment ça va », et je lui réponds « ça va, ça va, mais franchement j’en ai marre, ce n’est pas simple tous les jours » ! Puis, tout d’un coup, j’ai l’impression que c’est tout le toit qui me tombe dessus et là, j’explose…  « Ce n’est pas possible, mais qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu pour avoir des incapables comme cela autour de moi !» Ca vous rappelle quelque chose ?

Mon cerveau me donne raison, quoi qu’il arrive.

Un jour, j’ai compris que si je partais avec l’hypothèse que ce n’était pas ma journée et bien mon cerveau, toujours à mon service, va chercher tout ce qui confirme ces hypothèses ! Pour ceux qui ont des doutes, renseignez-vous sur le système réticulé activateur ! Mon cerveau fait très bien son travail : « Regarde Sabine, Sylvie va prendre un café alors qu’elle est arrivée en retard ». Et moi de l’écouter et de servir à Sylvie la petite réflexion qui va la stresser et l’empêcher de se concentrer sur son travail ! Alors qu’elle avait juste besoin d’un petit starter quand son dernier ne fait « toujours » pas ses nuits, je viens de détruire le peu d’énergie qu’elle avait… Cependant à la fin de la journée, j’aurai bien confirmation de mon hypothèse : Sylvie n’a pas beaucoup travaillé (et pour cause). Elle est une fainéante !

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Faites l’expérience inverse :

Quand une tuile vous tombe sur la tête, dîtes-vous que le toit a besoin d’être réparé, ou qu’il y a trop de vent pour le barbecue annuel, et prenez les décisions qui s’imposent.

Vous avez perdu votre responsabilité en route, retrouvez-la.

« Comment cela j’ai perdu ma responsabilité ? Mais non, je suis une personne responsable, ce sont les autres qui ne le sont pas ! Et puis de toute façon, ce sont les autres qui n’assurent pas, pas moi ! C’est Paul qui sème la zizanie ; c’est Justine qui ne sait pas finir un dossier à temps ; c’est cette génération Z qui n’en a rien à faire du travail ! » Je vous entends d’ici.

Pas coupable mais responsable:

OK, je veux bien vous croire. Mais permettez-moi de vous dire que ça n’a pas d’importance. Aujourd’hui, vous avez un problème et c’est à vous de le régler. Vous n’en êtes peut-être pas à l’origine, vous n’en êtes peut-être pas coupable. Cependant vous avez la responsabilité de trouver la solution pour que cela ne soit plus un problème pour vous.

Et croyez-moi, personne ne le fera pour vous ! Chacun est déjà préoccupé par ses propres problèmes. Pas de magicien avec sa baguette qui va le faire disparaître pour vous, pas la peine de vous cacher sous votre couette en attendant !

Responsable même innocent, c’est à vous d’agir.

Et maintenant, reprenez la direction des opérations.

En anglais, responsabilité se dit « responsability », c’est-à-dire « response ability », la capacité de donner une réponse. Reprendre sa responsabilité, c’est donc se redonner la capacité de répondre, c’est reprendre le pouvoir.

J’adopte une conduite souple et zen:

Et cela est possible : même si vous n’avez pas de pouvoir sur la cause du problème, vous avez un pouvoir sur la façon dont vous réagissez. J’insiste. Dans ce cas-là, la meilleure réponse sera sûrement de modifier vos comportements. Un peu comme vous adapteriez votre conduite sur une route verglacée pour arriver à bon port, sain et sauf.

Bien sûr l’idéal serait d’y trouver une nouvelle opportunité. Pour commencer, disons que votre opportunité, c’est de vous rendre compte que vous êtes capable de ne plus subir, que vous avez les ressources suffisantes pour trouver un début de solution.

Retrouvons Sylvie:

Aujourd’hui, vous pouvez décider de sourire à Sylvie, de lui demander comment elle va et de lui offrir ce café dont elle a tant besoin. Observez ensuite comment vous vous sentez… Qu’est-ce que ça change dans le travail de Sylvie ? Et autour d’elle, pour le reste de l’équipe ? A la fin de la journée, faites le bilan : est-ce que le résultat est plus favorable pour vous ? Si oui, renouvelez.  Sinon, cherchez une autre alternative. Jusqu’à obtenir une solution qui vous donne satisfaction.

Deux pièges à éviter

Vous avez décidé de ne plus vous plaindre, de retrouver votre responsabilité et de reprendre votre pouvoir. Bravo ! Cependant pour assurer votre réussite, voilà deux pièges qui vous attendent sur le chemin.

N’assumez QUE votre responsabilité.

Imaginez que Jean n’ait pas fini à temps son travail, votre responsabilité sera d’éviter de vous emporter, de découvrir les raisons du retard et éventuellement de recadrer son travail. Ce n’est certainement pas de finir son travail à sa place. Ou bien encore de penser que tout cela est de votre faute et que ça se passerait autrement si vous étiez un meilleur manager.

Evitez le perfectionnisme et ne tombez pas dans le puits de la culpabilité.

En effet, le risque quand on prend conscience de sa responsabilité, c’est de perdre une certaine estime de soi « Pourquoi ne l’ai-je pas fait plus tôt ? C’est ma faute ? Je ne suis vraiment pas à la hauteur. Etc… ». Ou au contraire, c’est de partir avec un nouveau sentiment de puissance et d’excitation et d’être vite rattrapé par tout ce qu’on ne peut pas changer et par ses propres limites. Ne retombez pas alors dans les pensées négatives et les plaintes. Soyez bienveillant avec vous-même … c’est le meilleur moyen de faire mieux la fois suivante !

Car les solutions arrivent quand vous leur laissez la place !

Une dernière chose : votre cerveau et votre intuition (car « l’intuition est l’intelligence qui commet un excès de vitesse » disait Henry Bernstein) ont besoin d’espace pour trouver des solutions. Une raison supplémentaire pour arrêter de ruminer des pensées négatives. Mieux vaut leur dire ce que vous voulez atteindre, ensuite laissez-leur le champ libre et tenez-vous à leur écoute. Encore une fois, le cerveau est une machine puissante à votre service ! Utilisez-le au mieux !

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