Le ping pong… Je ne sais pas si c’est un sport que vous affectionnez mais je serais surprise que ce ne soit pas un jeu que vous pratiquez… en fait, vous le pratiquez peut-être tous les jours, avec vos collaborateurs par exemple.

“Comment ça, je pratique le ping pong? Première nouvelle, Sabine!”

Oui, oui, c’est bien ce que je dis…
Et je vais vous dire même plus: moi-même, c’était un sport dans lequel j’excellais! Championne du monde de ping pong!
J’ai appris à jouer très tôt. C’est presque génétique. Ma mère m’a appris, à moins que ce ne soit mon père… mon père et ma mère ensemble peut-être? Ou alors, c’était à l’école? C’est sûr, ça a continué au travail! Car ce qui est bien dans ce sport, c’est qu’on trouve toujours quelqu’un pour jouer!! Et finalement, sans le savoir nos journées peuvent ressembler à des parties de ping pong en continu!

Le problème, c’est que ce genre de parties, ça ne ressemble en rien à un moment de détente dans la salle de créativité d’une start-up! En fait, elles sont tout sauf créatives ou même récréatives, ces parties… Pour dire la vérité, elles tuent la créativité, les relations, volent notre temps et frustrent notre confiance en nous! En tant que manager vous avez mieux à faire…

“Mais de quoi parles-tu, Sabine? Le ping pong, c’est fun et ça détend. Après mon travail est plus productif”

Et bien, non, pas ce genre de partie… au mieux, celle-ci donne une satisfaction individuelle immédiate, mais c’est loin de sécréter de l’endorphine, l’hormone du bonheur liée à la pratique d’un sport!
En effet, je parle des jeux de réparties auxquels on s’adonne quotidiennement dans notre foyer, sur notre lieu de travail ou même dans les transports en commun. Voyez-vous ce dont je veux parler? Ces batailles de meilleurs arguments qui prennent une ampleur bien au-delà de ce que mérite la situation de départ! Et aujourd’hui, ces parties ne se jouent plus uniquement en présence de la personne, elles peuvent également se jouer à distance, sans conversation orale!

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Quand Marc vous envoie un petit message…

Laissez-moi prendre un exemple: vous recevez un mail d’un de vos collègues. Il vous informe qu’il a rendez-vous avec telle entreprise et qu’il a vu dans le CRM que vous étiez responsable de ce compte, il y a encore peu. Cependant, le CRM ne semble pas contenir une information exhaustive et il aimerait avoir plus de détails. A lui le service!
“Comment cela pas exhaustive? Il est un peu culotté celui-là. Ce n’est pas de ma faute s’il ne sait pas utiliser le CRM…” Vous lui répondez alors, un peu piquée: “Bonjour Marc, je suis très heureuse qu’enfin (!) tu ailles voir cette entreprise qui attend depuis quelques mois déjà! Je serais ravie de te donner plus de détails sur l’excellent travail que nous avons fait ensemble. Je t’invite cependant à lire le rapport attaché dans la section “mission” de notre CRM. Tu verras qu’elle y est PARFAITEMENT renseignée. Cdt…” Et voilà, je te renvoie la balle, essaie de la rattraper!
Et bien sûr, Marc va la relancer, un peu plus vivement cette fois-ci: piqué par vos remarques, il va vous envoyer un truc du genre “j’ai bien vu ton document de 150 pages, très exhaustif en effet, dont il me faudrait au moins 10 jours pour en extraire les points réellement utiles. D’autre part, je t’informe que le client a repoussé maintes et maintes fois le rendez-vous que je lui proposais, me laissant supposer qu’il n’était pas aussi satisfait que cela de nos services. Je vais sûrement devoir user de tout mon art pour le convaincre de retravailler avec nous :)…” (il n’a pas oublié le smiley, cette fois-ci, outil suprême pour faire passer une vacherie!).
Alors là, vous commencez à bouillir… mais il ne sera pas dit que vous serez perdante dans cette histoire et vous lui renvoyez une balle assassine…

« C’est celui qui dit qui est! »

Bref, la partie n’en finit plus… toujours un peu plus violente, mais à ce stade, il est quasiment impossible de laisser tomber sans sentir une animosité vivace pour notre adversaire… Il n’y a donc pas de gagnant à ce genre de jeu: même si vous avez le dernier mot, vous en sortez fatiguée, énervée et débordée, compte tenu des précieuses minutes que vous avez consacrées à l’écriture du message parfait. En outre, vous n’avez plus un partenaire de travail, mais un adversaire qui se jettera sur la prochaine occasion pour vous rendre la pareille! Voilà comment nos journées peuvent devenir un jeu épuisant.

J’ai longtemps joué à ce jeu, persuadée que j’avais raison et prête à en découdre pour le montrer. Jusqu’au jour où ma coach m’a fait remarqué ce qui se jouait. Je pouvais avoir raison au début de la partie, mais en rentrant dans le jeu, j’avais tort… car c’est un jeu perdant à coup sûr!

Et finalement, quand on y regarde d’un peu plus près, ce qu’on cherche à faire dans ce genre d’échanges, ce n’est pas montrer qu’on a raison, ni montrer que l’autre a tort. Non, ce qu’on cherche à faire, au fond c’est se défendre. Dès le départ… on voit cette balle venir vers nous, et il est hors de question qu’elle nous fasse mal, qu’elle attaque notre confiance en nous, notre réputation…alors on joue à ce jeu appris dans la cour de l’école: “c’est celui qui dit qui est”! Pur réflexe de protection d’un enfant qui se sent en danger!

Cependant nous ne sommes plus des enfants. Et nous avons d’autres moyens de répondre à un danger réel ou imaginaire. L’étape initiale est d’en prendre conscience et la seconde est d’avoir envie d’expérimenter de nouvelles façons de faire.

« Une partie de ping pong? Non merci… »

Vous avez envie de ne pas rentrer dans la partie? Pour cela, je vous propose un exercice.

Pensez à un échange que vous avez eu dernièrement et qui vous a laissé avec un sentiment désagréable. Pouvez-vous identifier un échange de balles? Où est-ce que cela vous a menée? Comment cela vous a-t-il impactée? Comment cela a-t-il pu impacté l’autre personne? (pourquoi ne pas lui demander?) Comment cela a-t-il impacté la relation? Avez-vous obtenu une solution écologique (qui convient aux deux parties et à leur environnement) au problème initial?

Une fois cette étape effectuée, demandez-vous comment vous auriez pu agir autrement. Soyez créatif et pourquoi pas, allez en parler avec la personne concernée. Expliquez-lui que vous avez été frustrée par la tournure de la conversation et que vous aimeriez apprendre à interagir différemment avec elle, la prochaine fois. Est-elle d’accord pour vous aider à trouver de nouvelles façons d’échanger?
Certainement, celle-ci sera soulagée par votre démarche, car personne n’aime ce genre de partie de ping pong, qu’elle aussi joue depuis l’enfance, maniant la raquette à vitesse éclair, et pourtant sans réellement s’en rendre compte!

J’espère que cet article vous permettra d’améliorer vos journées et de préserver votre énergie pour vos loisirs: pourquoi pas une vraie partie de ping pong?

N’hésitez pas à partager dans les commentaires vos prises de conscience, vos idées, vos trucs …

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